Des généralistes inquiets du diagnostic précoce de la MA
Maladies d’Alzheimer et apparentées : des recommandations à préciser
Communiqué du Conseil scientifique du Collège national des généralistes enseignants (CNGE) - 19 juin
Les médecins généralistes doivent diagnostiquer les maladies d’Alzheimer et apparentées au stade de démence. Le diagnostic de ces maladies au stade pré démentiel soulève des problèmes à la fois pratiques et éthiques.
La maladie d’Alzheimer se développe en trois phases successives : préclinique (asymptomatique), troubles cognitifs légers (TCL) (peu symptomatique), et démence (troubles cognitifs multiples avec retentissement social) [1]. Il y a environ 850 000 personnes atteintes d’une démence, dont uniquement la moitié serait diagnostiquée [2]. La prévalence des TCL est estimée entre 5 et 29 % de la population selon les critères utilisés ; ces troubles sont un facteur de risque d’évolution vers une démence, dans une proportion mal connue en population [3]. La prévalence de la phase préclinique est inconnue.
La Haute autorité de santé (HAS) ne recommande pas de dépister les maladies d’Alzheimer et apparentées dans leur phase préclinique. En revanche, elle recommande un diagnostic précoce par le médecin généraliste traitant, notamment en cas de troubles de la mémoire, qui peuvent être des symptômes de la phase de TCL ou de démence.
Alors que la démarche diagnostique est complexe, la HAS ne précise pas les critères diagnostiques des TCL. Ce flou peut conduire à des prises en charges variables en soins primaires et mener à des bilans neuropsychologiques [4], parfois invasifs, alors qu’il n’existe actuellement aucun traitement validé de ces troubles [5]. D’après la HAS, le diagnostic des TCL permettrait aux médecins généralistes de préserver la qualité de vie du patient et de ses aidants et de circonscrire les situations de crise à venir, mais cette hypothèse n’est pas validée.
Le conseil scientifique CNGE demande que
- les recommandations de la HAS sur le diagnostic de la maladie d’Alzheimer et apparentées soient fondées sur des preuves plus robustes sur le bénéfice de la prise en charge des patients à chaque stade de leur maladie, en particulier au stade précoce.
- des projets de recherche soient financés pour préciser l’intérêt éventuel du diagnostic précoce pour les patients.
Info D. Monnier







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