Est-il possible de prévenir ou de retarder la maladie d’Alzheimer ?

●« Essayer d’avoir la meilleure réserve cérébrale possible ».
●« Faire une activité physique régulière ».
● Avoir une alimentation de type méditerranéen, sans oublier les bienfaits d’une légère quantité d’alcool.
●« Corriger les facteurs de risque » modifiables.
Identifiés pendant la dernière dizaine d’années, leur présence à mi-vie signe un risque accru de démence et de maladie d’Alzheimer. Le tabagisme, l’obésité, une alimentation grasse, l’hypercholestérolémie, et l’hypertension artérielle, sont des facteurs de risque importants à prendre en charge sérieusement à mi-vie, fait valoir Jean-Pierre Michel.
Ainsi, d’après une étude récente d’un suivi de 23 ans sur une population multi-ethnique, les personnes fumant plus de 2 paquets de cigarettes par jour ont un risque de maladie d’Alzheimer X 2,5.
Citons également une étude finlandaise démontrant qu’un indice de masse corporelle élevé (> 30) est associé à un risque de démence X 2, de même pour une pression artérielle systolique non contrôlée > 140, ou une hypercholestérolémie ; trois facteurs additifs (leur combinaison conduit à une multiplication par 6 du risque de démence), et confirmés par de nombreuses études.
S’additionne aussi la notion de plus en plus importante de réserve cérébrale : un quotient intellectuel relativement bas et une éducation de courte durée (peu d’années d’études) sont des risques reconnus de maladie d’Alzheimer.
Quels facteurs protecteurs ?
Le Pr Michel en définit quatre types :
►Côté alimentation, avoir un régime de type méditerranéen, et une consommation modérée d’alcool (risque de maladie d’Alzheimer diminué d’environ 40% récemment mis en évidence).
►La réserve cognitive permet de retarder la manifestation de la maladie.
Un niveau éducatif élevé peut diminuer de 47% le risque de démence, et un QI très important de 42%. De grandes responsabilités professionnelles avec des équipes à diriger conduisent également à une réduction de risque, et de façon intéressante la quantité de loisirs intellectuels joue aussi un rôle protecteur.
►L’activité physique peut être un traitement préventif, d’après une première méta-analyse venant de démontrer son action sur la maladie d’Alzheimer, qu’elle soit pratiquée de façon modérée ou plus intense (risque réduit d’environ 35%).
Pour la plupart les recommandations du Pr Michel vont dans le sens de la conférence de consensus des NIH américains dont les conclusions demeuraient néanmoins plus réservées quant à la qualité des preuves (1).
Source : Premières Rencontres franco-québécoises, 24 octobre 2011 Académie Nationale de Médecine (Paris). Présentation du Pr Jean-Pierre Michel.
Photographie : Académie nationale de Médecine, avec nos remerciements à Nicole Priollaud.
Dominique Monnier, le 31 octobre 2011






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