Quels tests utiliser face à une plainte mnésique ?

Face à une plainte mnésique, le médecin traitant doit évaluer la mémoire épisodique du patient, mais aussi le retentissement de cette plainte sur les activités de la vie quotidienne.
« Se plaindre de sa mémoire ne signifie pas nécessairement avoir un trouble mnésique », souligne le Pr Bruno Dubois, neurologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). « Le plus souvent, cette plainte n'est pas liée à une démence sénile. Il faut davantage s'inquiéter lorsque la plainte émane de l'entourage, car cela évoque plus une maladie d'Alzheimer. »
Face à une plainte mnésique, le médecin doit donc évaluer la mémoire épisodique du patient. Pour cela, il dispose de tests spécifiques comme l'épreuve de rappel des 5 mots.
« Relativement simple, cette épreuve a le mérite de faire la part entre les trois étapes du processus de mémorisation : les capacités attentionnelles, perturbées en cas de dépression, les facultés de stockage des informations, lésées dans Alzheimer, et les capacités de rappel de ces informations, diminuées lors du vieillissement normal ou dans les atteintes frontales », explique Bruno Dubois.
Quand la plainte est liée à des troubles de l'attention ou de la capacité de rappel, les patients peuvent être rassurés : ils ne souffrent pas d'Alzheimer. « Les troubles attentionnels sont responsables de la plupart des plaintes mnésiques », signale Bruno Dubois.
Quand l'épreuve des 5 mots n'est pas normale (score 10), il convient d'orienter le patient vers une consultation mémoire spécialisée. Cette consultation explorera en détail les causes possibles de la plainte mnésique.
« Il faut aussi évaluer le retentissement des troubles cognitifs sur les activités de la vie quotidienne », insiste Bruno Dubois. Les médecins disposent pour cela d'un test simple, l'échelle IADL I(nstrumental Activities of Daily Living). Quand elle détecte un trouble, elle suggère un possible début de démence.
« On peut rajouter un test cognitif comme le test de l'horloge, qui évalue les capacités visio-spatiales et conceptuelles du patient. »
« En pratique, conclut Bruno Dubois, j'utilise le test des 5 mots et l'échelle IADL lors d'une première consultation pour plainte mnésique. Pour le suivi d'un patient atteint de démence neurogénérative, j'utilise le Mini Mental Status Examination (MMSE). Il permet de voir si la détérioration cognitive s'aggrave. »
L'épreuve de rappel des cinq mots permet d'évaluer la mémoire épisodique.
Source : www.impact-sante.fr, le 06 juin 2010 (Article complet)






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