Diagnostic / Le diagnostic précoce
Un diagnostic précoce, pourquoi ?
Bénéficier d'un diagnostic suffisamment tôt permet au patient de prendre des décisions utiles pour :
1. Préparer son avenir :
* mandat de protection future,
* désignation de la personne de confiance,
* financement de la prise en charge,
* choix de l'entrée en institution ou du maintien à domicile,
* don d'organes ou tissus.
2. Recevoir des traitements (médicamenteux ou non) susceptibles de retarder l'évolution de la maladie.
3. Bénéficier d'un suivi par des professionnels spécialisés.
4. Avoir accès à l'innovation thérapeutique et à la recherche clinique en s'inscrivant dans des protocoles de recherche.
D'après une enquête de l'INPES auprès de la population française, 91% des personnes interrogées souhaiteraient connaître leur diagnostic si elles avaient des signes évocateurs de la maladie.
Source : Assises régionales Bourgogne, du 07 mai 2009.
Des marges thérapeutiques grâce au dépistage précoce
Face à "une perte d'autonomie" et aux plaintes mnésiques qui l'accompagnent, ce sont des consultations médicales de type consultation mémoire qui permettent de poser les différents diagnostics médicaux qu'il est possible de rencontrer. Or, au moins au plan statistique, ces diagnostics ne sont pas ceux que le grand public imagine et redoute.
- Parmi les personnes qui s'adressent aux consultations mémoire, tant en France qu'à l'étranger (1), on observe, en effet, que seulement 20% des patients qui consultent relèvent effectivement de la maladie d'Alzheimer.
- Au regard des tests neuropsychologiques, 20% d'autres patients sont "normaux" pouvant souffrir de troubles liés, par exemple, à une dépression passagère.
- Pour les 60% de cas restant, ce sont une cinquantaine d'autres diagnostics médicaux qui doivent être posés.
- Enfin, il est essentiel de souligner que le médecin est face à une cause ou un facteur curable dans 1 cas sur 3 et à une maladie qui se traite dans la majorité des cas.
Cette situation médicale, beaucoup plus encourageante que ce que redoutent des familles, n'est cependant accessible qu'à la condition que le dépistage intervienne suffisamment tôt. Les marges thérapeutiques dont le médecin dispose sont d'autant plus importantes qu'il intervient en amont.
Le facteur temps reste par la suite fondamental pour permettre que les prises en charge se fassent dans les meilleures conditions, tant pour le patient que pour les aidants. Même face à une maladie d'Alzheimer, l'action des molécules, efficace pour ralentir le déclin cognitif, ne permettra cependant pas de rattraper le temps durant lequel le patient n'aura pas été traité (2)
(1) Hogh P et al. European Journal of Neurology 1999 ; 6 : 279-88
(2) Doody RS et al. Archives of Neurology 2001 ; 58 : 427-33
Source : Extrait "Quel dépistage précoce face à la "perte d'autonomie", article co-écrit par Dr Jérôme Blin (Clinique de la mémoire) et Frédéric Blin (FB Conseil), le 05 mai 2006
Comment généraliser le dépistage précoce ?
Beaucoup de chemin reste à parcourir en France pour combler l'écart entre la réalité décrite par l'OPEPS et l'accès aux marges de manoeuvre thérapeutiques qui existent grâce aux consultations mémoire utilisées à bon escient.
Parmi les raisons qui l'expliquent, et qui sont maintenant bien connues, on peut citer les facteurs suivants :
- La crainte des familles et le déni des patients qui repoussent d'autant les consultations auprès du corps médical.
- Les médecins traitants qui ne disposent pas du temps nécessaire au dépistage ou utilisent parfois des tests simples, d'usage rapide (MMS), dont le spectre ne couvre qu'une partie des situations qu'ils rencontrent.
- Les protocoles qu'appliquent les consultations mémoire des hôpitaux, qui se déroulent souvent sur de nombreux mois, période que le patient ne rattrapera pas.
- L'action des molécules disponibles qui est efficace pour ralentir un déclin cognitif, mais qui ne permet pas aux familles de facilement se rendre compte du temps qu'elle permet de gagner et qui peut aller jusqu'à plusieurs années.
Dans ce contexte, on se limitera, ici, à brosser rapidement le cadre qui nous paraît le mieux adapté à la généralisation d'un dépistage précoce. Ce dépistage, efficace au plan médical, réalisé à distance, intégré en ambulatoire aux parcours de soins des patients, est réalisable sur la base de questionnaires. Il permet, en outre, d'optimiser l'usage des ressources financières disponibles aux plans individuel et collectif.
- Le "dépistage" recouvre aujourd'hui des réalités médicales diverses, comme cela peut être le cas d'un patient d'Alzheimer à un stade avancé qui est adressé à une consultation mémoire. Or, un véritable dépistage précoce est réalisable à distance au moyen de questionnaires qui ont été validés. Ce dépistage précoce permet de détecter une fraction importante des personnes (environ 80%) pour lesquelles il serait bénéfique.
- Ce dépistage à distance en ambulatoire est adapté tant aux contraintes des médecins de ville qu'à celles de leur patient. Il s'agit d'un "service de proximité" qui s'appuie sur les médecins traitants. Il consolide les outils dont ceux-ci disposent pour les nouvelles missions qui leur sont confiées, notamment dans le domaine de la prévention. La mise en oeuvre opérationnelle de ce dépistage peut être confiée à d'autres libéraux.
- Ce dépistage précoce, d'un coût bien moindre que celui d'une consultation mémoire complète, permet de généraliser le dépistage dans des conditions économiques viables. Il contribue à optimiser l'usage des ressources disponibles en ne faisant appel aux consultations mémoire que là où c'est nécessaire. Ce dépistage précoce justifierait largement que la Sécurité Sociale étudie les conditions d'une prise en charge financière de sa part.
Source : Extrait "Quel dépistage précoce face à la "perte d'autonomie", article co-écrit par Dr Jérôme Blin (Clinique de la Mémoire) et Frédéric Blin (FB Conseil), le 05 mai 2006






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