MCI : Mild Cognitive Impairment
Physiopathologie du Mild Cognitive Impairment
A. DELACOURTE et J-P. DAVID
La maladie d’Alzheimer se manifeste, en général, par une perte progressive et irréversible de la mémoire puis de l’ensemble des fonctions cognitives. Comme pour toute pathologie, l’objectif principal est de faire le diagnostic le plus tôt possible pour traiter le plus tôt possible, afin d’avoir un maximum d’efficacité. Pour l’instant il s’agit encore d’un vœux pieux, tant du point de vue diagnostique que thérapeutique.
Comment mettre au point le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer ?
En toute logique, on peut s’attendre à détecter des signes cliniques ou moléculaires spécifiques annonçant avec une certaine précision l’arrivée de la maladie d'Alzheimer. Dans l’histoire naturelle de la maladie d'Alzheimer, il existe inévitablement un stade « pré-Alzheimer », nommé également prodromal. A ce stade, on s’attend à ce que les fonctions cognitives soient légèrement altérées. Ces patients entrent alors dans le cadre général du Mild Cognitive Impairment (MCI), selon la définition de Petersen.
Le concept du MCI soulève deux questions fondamentales.
1. Tous les patients ayant un MCI vont-ils développer une maladie d'Alzheimer ? Les données de la littérature indiquent que les MCI peuvent être classés en sous-groupes (MCI dysexécutifs, hippocampiques, vasculaires...) et que seule une partie des patients MCI évolue vers la maladie d'Alzheimer - les « converters ». Ce chiffre semble se situer autour de 25 à 30% et il correspond plutôt aux MCI amnésiques ou hippocampiques. 2. Les patients MCI développent-ils des signes prédictifs d’une maladie d'Alzheimer ? Il semble que oui, mais il reste à déterminer la spécificité et la sensibilité des tests prédictifs. Des faits s’opposent à une détection avec uniquement des critères cliniques. 1. La mémoire est affectée au cours du vieillissement normal Ce phénomène est secondaire à l’attaque radicalaire qui provoque une perte de plasticité des membranes. Il y a donc une interférence possible, plus ou moins importante selon l’impact de facteurs tels que le stress oxydatif ou la peroxydation lipidique. Il en résulte une diminution incontestable du traitement de l’information (la vision et l’audition diminuent, la transmission de l’influx nerveux ralentit et au total les performances intellectuelles peuvent diminuer d’une manière significative. Mais tout ceci reste dans le cadre du vieillissement « normal ». 2. Avec l’âge apparaît une co-morbidité d’origine dégénérative et/ou vasculaire. Ce processus que l’on pourrait qualifier de « vieillissement pathologique » ne sera pas forcément l’étape pré-clinique d’une pathologie particulière. Nous pensons en particulier au réseau vasculaire qui lui aussi perd de sa plasticité et s’enrichit progressivement de lésions. 3. La maladie d'Alzheimer a un profil clinique statistique global assez homogène. Mais elle frappe chaque individu d’une manière légèrement mais significativement différente, en fonction de la particularité biologique, génétique, sociologique, culturelle et environnementale. 4. La cible anatomique du MCI est essentiellement la région hippocampique Cette région est très vulnérable à la maladie d'Alzheimer, mais aussi à d’autres pathologies, en particulier vasculaires. On peut s’affranchir de ces difficultés en connaissant chaque paramètre Cependant connaître les composantes du MCI pour en définir les critères précis est un travail de longue haleine, qui nécessite impérativement une approche prospective et multidisciplinaire complète, donc lourde. Les données cliniques, paracliniques, biologiques, neuropathologiques, biochimiques, moléculaires et génétiques doivent être parfaites. Cette approche nécessite un suivi précis sur le long terme. S’il y a conversion, il faut établir précisément vers quel type de pathologie. Or les diagnostics certains de maladie d'Alzheimer et autres pathologies cérébrales ne sont obtenus qu’après examen post-mortem. Dans la pratique courante, la vérification du diagnostic clinique n’est effectuée que dans 1 cas sur 1000, ce qui ne facilite pas les corrélations entre les marqueurs initiaux (biologiques et cliniques) et le diagnostic certain. Le diagnostic clinique de maladie d'Alzheimer est souvent annoncé avec une spécificité et une sensibilité de 80%, mais ces chiffres qui semblent excellents ne reposent sur aucun fondement scientifique. A notre connaissance il n’existe aucune étude comparant la précision du diagnostic clinique et en particulier celui posé aux toutes premières étapes d’installation de la pathologie, à celle du diagnostic de certitude, neuropathologique, basé sur les critères NIA/Reagan. Bien entendu toute étude crédible doit en plus s’effectuer dans un cadre où les données sont figées au fur et à mesure dans le marbre et gérées par des évaluateurs indépendants. Comment améliorer le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer ? - La seule possibilité est de démontrer l'installation des processus dégénératifs - lésions dans les liquides périphériques ou le cerveau par imagerie Que peut-on attendre des marqueurs moléculaires précoces ? - Marqueurs biologiques - Nous avons étudié les différents stades de la maladie d'Alzheimer du point de vue moléculaire Résultat Conclusion Références Source : www.alzheimer-adna.com, le 25 février 2010 (article complet)






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