La maladie d'Alzheimer
Histoire naturelle et moléculaire de la maladie d'Alzheimer
La maladie d'Alzheimer est une maladie neurodégénérative conduisant progressivement et irréversiblement à la perte de la mémoire (amnésie) et des fonctions cognitives (aphasie, apraxie, agnosie).
Deux processus dégénératifs caractérisent cette pathologie: l'amyloïdogenèse, qui correspond à la formation de filaments de peptide Ab sous forme de dépôts extracellulaires ; la dégénérescence neurofibrillaire (DNF), qui résulte de l'agrégation intraneuronale de filaments de protéines tau pathologiques.
Les formes familiales autosomiques dominantes de la maladie d'Alzheimer sont rares (moins de 1%), mais elles ont permis de comprendre l'étiologie.
Des mutations pathologiques ont été découvertes sur le gène APP (chromosome 21), dans la région qui code pour Ab, ainsi que sur les gènes des présénilines PS1 (Chr. 14) et PS2 (Chr. 1). PS1/PS2 régulent le catabolisme de APP.
Les autres formes de la maladie d'Alzheimer, dites "sporadiques", sont sous l'influence de nombreux facteurs de risque, dont les deux plus connus sont l'âge et l'allèle epsilon 4 de l’apolipoprotéine E.
Au total, on peut conclure que la maladie d'Alzheimer. résulte essentiellement d'un dysfonctionnement de la protéine APP, qui induit directement (gain ou perte de fonction) ou indirectement (neurotoxicité du peptide Ab) la DNF.
L'atteinte neuronale qui en résulte est importante dans les régions cérébrales touchées successivement et invariablement par la DNF (région hippocampique et cortex temporal au stade infraclinique, cortex associatif au stade clinique).
Les neurones cholinergiques semblent particulièrement affectés. Ils sont la cible de traitements substitutifs.
Les modèles cellulaires et animaux restent imparfaits. Seule une connaissance précise et globale de l'étiopathogénie moléculaire de la M.A. permettra de développer une approche thérapeutique spécifique et efficace.
Les causes
La maladie d'Alzheimer est une maladie qui touche uniquement le cerveau. Elle provoque la dégénérescence des cellules nerveuses (neurones) et en particulier les cellules nerveuses impliquées dans la mémoire et les fonctions intellectuelles.
Le premier facteur de risque est l'âge : la plupart des personnes atteintes ont plus de 70 ans, mais la maladie frappe parfois avant 50 ans. Elle frappe indifféremment les hommes ou les femmes, sans distinction de populations, de situation géographique, de classe sociale ou d'environnement particulier. La maladie d'Alzheimer n'est pas contagieuse.
Le deuxième facteur de risque connu est génétique : il s'agit du gène de l'apolipoprotéine E. Ce gène code pour une protéine qui joue un rôle dans le transport du cholestérol et dans la réparation neuronale. Le gène E4 prédispose tandis que le gène E2 serait protecteur.
Enfin, il peut exister parfois un facteur génétique familial, mais ce phénomène est très rare (0,3%).
Les symptômes
La maladie se manifeste d'abord par des troubles de la mémoire. Mais ceci est également une caractéristique du vieillissement normal. Ce qui est pathologique, et qui correspond bien à l'installation de la maladie, c'est l'aggravation progressive de ces troubles jusqu'à la perte de mémoire (amnésie).
Il ne s'agit plus des noms de personnes que l'on a du mal à retrouver, mais d'une perte de mémoire qui va s'intensifier et se manifester de manière très différente selon les individus. Les oublis deviendront fréquents et seront remarqués par l'entourage. Par exemple, les souvenirs d'événements récents, l'adaptation à de nouvelles situations ou à de nouveaux lieux, l'utilisation correct de mots, la capacité de faire des calculs pourront être affectés. Malheureusement, la situation va continuer à s'aggraver progressivement, ou par palier et chaque jour l'entourage verra le proche perdre un peu de lui-même, de son identité, de son caractère, de ses fonctions intellectuelles. Le médecin de famille aura été consulté, mais il ne peut rien faire et il enverra le patient vers l'hôpital.
Dans un centre de neurologie spécialisé, des tests psychométriques et des analyses complémentaires permettront de dire s'il s'agit d'une maladie d'Alzheimer possible ou d'une autre maladie.
Mais il n'y a aucun test, ni aucun examen simple et sûr pour diagnostiquer la maladie d'Alzheimer. Le diagnostic de maladie d'Alzheimer probable sera prononcé lorsque l'on aura éliminé toutes les autres pathologies possibles (vasculaire ou dépressive par exemple) et que le patient aura au moins une perte du langage (aphasie), de la stratégie des mouvements (apraxie) ou de la reconnaissance visuelle (agnosie) en plus des pertes de mémoire. Ensuite, vu l'évolution de la maladie, le patient devra être pris en charge par la famille, à la maison d'abord puis dans un centre spécialisé. Le décès survient généralement après plus de 10 ans d'évolution de la maladie.
Seul, l'examen lors de l' autopsie permettra de confirmer une maladie d'Alzheimer. En effet, le neuropathologiste donnera ce diagnostic s'il observe les deux types de lésions caractéristiques de la maladie : les plaques séniles et la dégénérescence neurofibrillaire. Ces lésions sont observées dans la plupart des régions cérébrales.
Cette pathologie correspond à l'accumulation d'une substance vraisemblablement toxique, la substance amyloïde dans l'ensemble du cerveau, ce qui va provoquer la perte de milliards de cellules nervggeuses.
Source : www.alzheimer-adna.com, le 25 février 2010 (article complet)






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